Les étoiles du COSMOS : Pierre-Emmanuel Baruch du DAHLIR

26 Octobre 2021

Lancement d'une toute nouvelle rubrique : Les étoiles du COSMOS ! Tous les mois, nous mettrons en lumière un adhérent COSMOS, ses actions, son engagement au quotidien pour le sport, ses idées... Pour cette première, nous interrogeons Pierre-Emmanuel Baruch, correspondant COSMOS en Haute-Loire et fondateur directeur général du DAHLIR, adhérent depuis 2018.

Faire en sorte que l’offre et la demande sportive s’adaptent au mieux pour répondre aux besoins des personnes

 

Pourriez-vous nous décrire avec vos mots ce qu’est le DAHLIR ?

Pierre-Emmanuel Baruch : "Le DAHLIR est une association qui vise à faciliter l’accès aux loisirs des personnes qui en sont le plus éloignées.

Pour cela le DAHLIR se divise en quatre pôles :

  • Handicap à destination des enfants et adultes en situation de handicap
  • Insertion pour les jeunes et adultes en situation d’isolement, de précarité sociale
  • Santé pour les personnes atteintes de maladies chroniques
  • Politique de la ville pour les habitants des quartiers prioritaires de la ville.

L’enjeu reste toujours le même : faciliter l’inclusion des personnes au sein de la société grâce à la pratique régulière de loisirs.

Néanmoins les   préoccupations sont différentes. Pour chaque dispositif, c’est aux chargés d’accompagnement de faire en sorte que l’offre et la demande s’adaptent au mieux pour répondre aux besoins des personnes."

Qu’est-ce qui vous a poussé à fonder le DAHLIR ?

PEB : "Les choses se sont construites petit à petit. Avant 2006 je travaillais déjà en Haute-Loire pour développer la pratique sportive des personnes en situation de handicap mais j’avais du mal à créer du lien entre les personnes que j’accompagnais. Assez vite, j’ai utilisé le club comme support d’accueil et les familles ont commencé à me contacter.

Au fil de l’eau, le projet a pris de l’ampleur et les acteurs institutionnels m’ont également chargé de certaines missions sur le territoire comme la CAF par exemple qui nous a demandé de réfléchir à un dispositif d’accueil des enfants polyhandicapé en crèche."

Pouvez-vous nous faire un historique du développement de votre structure ?

PEB : "L’association a été créée en 2012, le deuxième équivalent temps plein est arrivé en 2015 et entre 2015 et 2021, on est passé de deux à 43 équivalents temps-pleins avec une projection de cinquante en 2023.

Le développement a été très rapide et nous avons eu de plus en plus de prérogatives sur un espace géographique de plus en plus étendu. Au départ notre champ d’actions était centré sur le handicap. Puis nous avons expérimenté notre méthodologie d’accompagnement individualisé avec d’autres publics. 

Nous cherchons toujours à maitriser ce développement et nous ne grandissons jamais au-delà d’un département par an. Aujourd’hui nous avons 8 antennes sur des territoires de proximité en Auvergne Rhône-Alpes et en Provence Alpes Côte d’Azur."

 

Montrer, au travers de photos, que la pratique sportive peut être mixte

 

 

Une action récente dont vous êtes particulièrement fier ?

PEB : "Dernièrement dans le cadre du DAHLIR Insertion un jeune homme au statut réfugié vient d’intégrer un club de badminton. Notre chargé d’accompagnement l’a aidé tout au long du processus en faisant l’intermédiaire avec le club et aujourd’hui ce club est son lieu privilégié d’intégration."

Nous avions mis en lumière en début d’année votre projet Hein ? Différence ! Vous pourriez nous en dire deux mots ?

PEB : "On a essayé de faire parler de notre action de manière originale comme on a pu le faire en participant à Fort Boyard ou en écrivant un conte pour enfant. Ce projet Hein ? Différence ! a la même visée.

Le but est de montrer, au travers de photos, que la pratique sportive pouvait être mixte, qu’une personne en situation de handicap pouvait pratiquer le sport au côté d’une personne valide sans mettre en avant ce  handicap.

Mais pour que ce projet soit visible et crédible auprès de nos partenaires, on a contacté des personnalités sportives comme Renaud Lavillenie ou Christophe Lemaître. Pour une version 2 du projet nous  avons contacté le COSMOS pour voir si on ne rencontrer PARIS 2024 et le COJO pour avoir de sportifs et faire de ce projet un vrai levier de communication autour de la mixité et de l’inclusion."

 

Sans les pouvoirs publics, le DAHLIR ne pourrait pas exister

Comment jugez-vous l’écoute des acteurs publics à votre égard ?

PEB : "Je n’ai pas à me plaindre de leur accompagnement. Sans les pouvoirs publics, le DAHLIR ne pourrait pas exister. Il y a une vraie écoute et un travail partenarial qui mobilise une multitude d’acteurs comme les Agences Régionales de Santé, les   DDETS & DREETS, la DRAJES, les CAF, les conseils départementaux…

Mais il faut qu’on arrive à pérenniser les dispositifs quelle que soit l’échelle de leur intervention."

 

 

 

 

 

Est-ce que la crise sanitaire a fait évoluer vos relations avec ces partenaires ? Votre action concrète a-t-elle été altérée ?

PEB : "Notre activité a été complètement modifiée et repensée car les clubs étant fermés, nous n’avions plus la possibilité de faire de l’accompagnement. Il a fallu garder le lien avec ces personnes et pour cela nous avons proposé des échanges à distance et des activités en extérieur lorsqu’on le pouvait… Aujourd’hui encore, la question de l’obligation du pass sanitaire modifie notre travail.

Concernant les pouvoirs publics, cela a plutôt renforcé nos liens car nous avons réussi à nous réinventer et à garder un impact concret."

Les Présidentielles arrivent dans quelques mois, qu’est-ce que vous attendriez d’un futur président de la République sur les questions sportives ? 

PEB : "C’est une question difficile… Aujourd’hui les pouvoirs publics nous accompagnent et le sport est considéré comme un outil du bien-être social mais pourtant il reste trop souvent réduit à son utilité de loisir ou de compétition.

J’aimerais que le sport soit utilisé comme un vrai effet levier sur les questions d’employabilité, de santé de parentalité… Le sport devrait avoir une place centrale sur l’ensemble des politiques pour devenir un véritable outil dans l’accompagnement."

 

Positionné comme le représentant du sport au niveau national

 

Vous êtes adhérent au COSMOS et correspondant territorial en Haute-Loire, qu’est-ce que cela représente au quotidien pour vous ?

PEB : "On a adhéré au COSMOS il y a quelques années et c’était une première approche très administrative qui nous a beaucoup apporté notamment sur la compréhension de la convention collective du sport. Mais aujourd’hui votre structure va plus loin et pendant cette période de crise sanitaire, s’est positionnée comme le représentant du sport au niveau national. On l’a vu de manière très concrète avec l’obtention du chômage partiel par exemple.

Le réseau est aussi très important en temps qu’adhérent et celui-ci nous a permis de créer des liens intéressants. Concernant mon rôle de correspondant, je trouvais cela normal de « rendre » au niveau local ce qui se fait au niveau national."

 

Être au cœur d’une politique sportive ambitieuse

Comment voyez-vous le DAHLIR dans 10 ans ?

PEB : "C’est drôle car c’est exactement l’exercice qu’on a réalisé. On s’est projeté à être sur une centaine d’équivalents temps-plein avec une réorganisation complète de l’organigramme afin de garder toujours de la proximité dans notre accompagnement. J’aimerais qu’on soit toujours une association dynamique, innovante, qui s’adapte aux besoins des territoires et qu’on soit au cœur d’une politique sportive ambitieuse."

“Si ma structure était un sportif ou une sportive elle serait…”

PEB : "On ne me l’a jamais posé celle-ci… Je dirais Sidney Govou car il nous suit depuis le début et qu’il a su garder son ancrage avec notre territoire de Haute-Loire. C’est une personne humble, accessible et qui s’intéresse aux autres. Si le DAHLIR pouvait continuer à véhiculer cela, ce serait bien."

C’est qui le GOAT (Greatest Of All Time*) ?

PEB : "J’en ai le droit qu’à un... En tant que personne je dirais Zidane, c’est lui qui m’a fait rêver devant ma télé mais dans ma pratique (handball) c’est Philippe Gardent car on jouait le même poste."

 

* Le plus grand sportif de tous les temps

 

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