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Le COSMOS s'en mêle #1 - Changement climatique et impact sur les organisations sportives

Dans cette rubrique, nous décryptons les grandes tendances sociales et sociétales qui transforment durablement le secteur sport et ses organisations, afin de donner des clés de compréhension aux acteurs du sport.

Pour cette première édition, nous vous proposons un décryptage sur les impacts visibles du changement climatique et l'évolution des modèles qui en découle. 

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Sport et changement climatique

Sport et changement climatique : Pourquoi le changement climatique concerne-t-il directement les organisations sportives ?

 

« Les activités sportives, comme la plupart des activités humaines, sont à la fois co-responsables et victimes des conséquences du changement climatique. Adapter ces activités aux conséquences de ce changement tout en limitant leur impact sur le climat est certainement la seule solution pour préserver la pratique sportive et ses nombreux bienfaits. »

Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), ministère des Sports

 

Le COSMOS est conscient des enjeux écologiques et climatiques qui pèsent sur les activités sportives. Comme l'indique le PNACC du ministère des Sports, il est essentiel de comprendre dès aujourd’hui quels seront les impacts du changement climatique sur la pratique sportive, pour mieux contribuer à leur réduction et anticiper les évolutions à venir.

Ces impacts sont nombreux (hausse des températures, réduction de la disponibilité en eau et en énergies fossiles, protection de la biodiversité, …) et différenciés en fonction des disciplines et des espaces de pratique.

Toutefois, en raison de l’ampleur de la question, le COSMOS souhaite engager une réflexion sur ces questions et être un relais de sensibilisation et d’information auprès de ses structures adhérentes : nous vous proposons donc un premier travail de synthèse des principaux éléments à connaître pour appréhender les impacts du changement climatique sur sa pratique et sa structure sportive !

Ce travail a été réalisé à partir de la documentation disponible relative à ces sujets. Les travaux menés confirment la nécessité que le mouvement sportif s’empare de la question écologique, avec 3 questions particulièrement importantes : la santé et la protection des pratiquants, la transformation des lieux de pratique des disciplines outdoor et la transformation des modalités de gestion des équipements (notamment des équipements indoor).

La santé et la protection des pratiquants

Selon les scénarios envisagés, la hausse des températures sera plus ou moins rapide et importante, mais le réchauffement climatique est aujourd’hui inévitable. Les conséquences d’une augmentation des températures de +2°C à +4°C (voire +6°C en fonction des trajectoires d’actions engagées, ou non) sont multiples et, selon le GIEC, le réchauffement planétaire pourrait dépasser les +4°C d’ici 2100, par rapport à la période préindustrielle (période de référence de comparaison des températures, de 1850 à 1900).

La hausse des températures entraînera une récurrence des périodes de forte chaleur : la fréquence des canicules devrait doubler d’ici 2050 en France, alors que la chaleur a un impact direct sur la sécurité des pratiquants. En effet, lorsque la température extérieure est supérieure à 32°C, la santé des sportifs, professionnels comme amateurs, est potentiellement mise en danger, ce qui relève de la responsabilité des éducateurs et éducatrices sportives.

En fonction des scénarios, cette restriction suppose la multiplication des journées lors desquelles la pratique sportive sera déconseillée, voire dangereuse :

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Ces restrictions auront un impact direct sur l’organisation des saisons sportives : les structures devront faire face à des saisons plus courtes, en raison d’un allongement de la période estivale, et être en capacité de modifier les horaires de pratique (ce qui questionne la disponibilité des équipements sportifs).

La recherche de la performance et l’organisation des compétitions seront également impactées : les dates des évènements sportifs pourront être modifiées, en vue d’éviter les vagues de chaleur et autres évènements climatiques exceptionnels, et les athlètes seront amenés à performer malgré des conditions peu optimales (à titre d’illustration, la température idéale pour les sports à forte intensité sur une courte durée avoisine les 23°C).

Certains règlements fédéraux intègrent déjà des mesures d’adaptation en fonction de la température constatée, lors des entraînements ou d'une compétition, mais de telles décisions pourraient devenir récurrentes, voire nécessiter une réflexion générale au sujet des saisons et des créneaux de pratique sportive.

La transformation des lieux de pratique des disciplines outdoor

Les littoraux font partie des espaces fortement impactés par la fonte des glaces et le réchauffement des océans, conséquences indirectes du réchauffement climatique : l’érosion côtière s’accélère et les évènements exceptionnels (tels que les inondations) sont plus fréquents. Au 20ème siècle, le niveau de la mer a augmenté d’environ 15 centimètres à l’échelle mondiale et pourrait encore s’élever d'un mètre ou plus en cas de réchauffement de +4°C : cette augmentation du niveau de la mer risque d’entrainer la disparition d’un certain nombre de clubs actuellement situés en littoral, qui seraient alors contraints de se relocaliser. Cette menace pèse particulièrement sur les clubs de voile :

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La multiplication des événements exceptionnels, autre conséquence du changement climatique, supposera une réorganisation des horaires et des conditions de pratique des sports nautiques : en fonction de la survenue d’évènements exceptionnels, les pratiques sportives nautiques et subaquatiques devront parfois être restreintes, pour assurer la sécurité des pratiquants.

Les territoires de montagne sont, avec les territoires littoraux, les territoires les plus exposés au changement climatique. L'enneigement est une problématique centrale, sans être le seul facteur à prendre en compte :

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Les structures de montagne doivent s’adapter à une modification de la quantité et de la qualité de l’enneigement, à une réduction des périodes d’enneigement et à une hausse des risques d’avalanches et d’éboulements en montagne, ce qui met directement en péril la pratique d’un certain nombre de disciplines sportives, qui ne pourront être pratiquées que de manière de plus en plus ponctuelle.

Les structures sportives encadrant aujourd’hui des disciplines d’hiver doivent d’ores et déjà réfléchir à leur adaptation face à ces conditions dégradées. D‘autres disciplines ayant lieu en milieu naturel (escalade, kayak, plongée sous-marine, alpinisme, etc.) seront tôt ou tard concernées par une altération de leur espace, nécessitant de leur part une adaptation de leurs activités.

La transformation des modalités de gestion des équipements sportifs (stades, terrains, gymnases)

Les disciplines indoor, moins impactées par la transformation des milieux naturels, nécessitent en revanche l’existence d’infrastructures de qualité : les structures sportives sont aujourd’hui confrontées à des problématiques de gestion, impactées par la hausse des températures.

Les stades sont confrontés à des difficultés de gestion, concernant notamment la gestion des pelouses. Les pelouses souffrent de la hausse des températures, mais également de l’intensification des conditions de sécheresse, qui sont renforcées par la réduction des ressources en eau (qui créent parfois une concurrence entre les usages sportifs de l’eau et d’autres usages sociaux) :

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Concernant les disciplines indoor, 50% des salles de pratique collectives en France ont été construites avant 1987 et ne sont donc pas adaptées aux conditions climatiques actuelles : les vagues de chaleur réduisent le nombre de jours de pratique sportive en extérieur, mais également en intérieur, lorsque l’équipement sportif n’est pas prévu pour intégrer ces enjeux. L’accessibilité de ces gymnases et de ces salles, souvent mal isolées, se réduira sans action de la part des collectivités pour investir et rénover les infrastructures, ce qui mènera les structures sportives à une réduction de la durée des saisons et nécessitera une adaptation des créneaux de pratique. Ces difficultés, et la mauvaise isolation de la plupart des bâtiments, renforcent également les difficultés de gestion et les coûts d’entretien et de fonctionnement de ces bâtiments, dont la consommation énergétique est une part importante.

Le confort thermique et l’entretien des stades, terrains, gymnases et salles de sport tendent à se complexifier face au changement climatique. Si la gestion des équipements dépend rarement des structures sportives, la possibilité de rénover et améliorer les équipements impacte directement les conditions de pratique sportive et la capacité des structures à accueillir des pratiquants…

L’évolution des modèles de pratique sportive

L’ensemble de ces impacts (qui peuvent être envisagés de manière bien plus détaillée en fonction des territoires et des disciplines concernées) suppose une nouvelle appréhension des pratiques sportives, en vue de garantir des conditions de pratique sécurisées, pérennes et responsables. En effet, le changement climatique ne se limite pas à une hausse des températures, mais aura des conséquences sur les capacités d’enneigement des montagnes, la montée du niveau des mers et des océans, la disponibilité des ressources en eau, les épisodes de sécheresse ou encore la multiplication des épisodes climatiques exceptionnels, comme l'évoque la synthèse du PNACC. Ces évolutions climatiques supposent de repenser les modèles de pratique sportive, à travers :

 

Pour découvrir et imaginer à quoi pourrait ressembler le sport en 2052, retrouvez le documentaire digital réalisé par le média Ecolosport !

 

Tout en étant victimes du changement climatique, les activités sportives en sont également co-responsables, comme l’ensemble des activités humaines. Le COSMOS est convaincu que chaque structure agit à son échelle, et que de nombreux clubs ont déjà engagé des actions locales de lutte ou d'adaptation face au changement climatique. Toutefois, cet engagement doit encore être valorisé, poursuivi et étendu au sein de l’écosystème sportif, afin que toutes les actions menées soient vertueuses. L’accompagnement des petites structures, la systématisation des réflexions écologiques au sein du mouvement sportif et la mise en place de démarches de réduction des impacts environnementaux négatifs et d’adaptation au changement climatique semblent aujourd’hui indispensables, au vu de l’ampleur des impacts climatiques attendus.

 

Pour découvrir les documents sources de ce travail et aller plus loin :

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